L’ATNOR ouvre ses portes au grand public
À l’occasion de la Journée mondiale de la normalisation, l’Agence tchadienne de normalisation (ATNOR) a organisé ce jeudi 15 octobre une journée portes ouvertes dans ses locaux. Objectif, faire découvrir au public son rôle, ses missions et sensibiliser sur l’importance de la normalisation.

Créée par la loi n°044/PR/2024 du 31 décembre 2024, l’ATNOR reste relativement méconnue du grand public. Le 3 octobre dernier, alors que les députés débattaient en plénière des dysfonctionnements du Centre de contrôle de qualité des denrées alimentaires (CECOQDA), plusieurs élus ont d’ailleurs exprimé leur confusion entre les attributions des deux institutions.
Dans la chaîne de contrôle de la qualité et de la conformité, les deux structures jouent pourtant un rôle complémentaire. Créé en 2010, le CECOQDA est, pour l’heure, le seul laboratoire national qui veille à la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, malgré les nombreuses difficultés auxquelles il est confronté. Il réalise des analyses biochimiques, physico-chimiques, microbiologiques et toxicologiques sur tout produit alimentaire destiné à la consommation. L’ATNOR, elle, définit et adopte les normes applicables aux produits, et intervient dans l’évaluation de leur conformité.
Concrètement, le CECOQDA analyse un échantillon d’eau embouteillée pour y rechercher des contaminants ou toute substance susceptible de nuire à la santé du consommateur. L’ATNOR s’appuie ensuite sur ces résultats pour apprécier la conformité sanitaire du produit, ce qui donnera lieu, ou non, à une certification.
Plus en détail, l’ATNOR élabore les normes, c’est-à-dire des documents qui définissent les qualités requises d’un produit, d’un service ou d’un système. Elle évalue la conformité des produits à ces normes, les certifie et garantit la fiabilité des mesures grâce à la métrologie. Son travail ne s’arrête pas à l’amont, avant la mise sur le marché. Elle contrôle aussi les produits et services une fois commercialisés, pour protéger les consommateurs et faire respecter les exigences.
La conformité, un atout pour les opérateurs économiques
Selon les techniciens de l’ATNOR, rencontrés ce matin sur leur stand, les opérateurs économiques affichent encore une grande réticence à l’égard de l’agence. Pour beaucoup, elle est un instrument de répression, voire un frein à leurs activités. Pourtant, un accompagnement de l’ATNOR débouchant sur une certification de conformité offre des avantages considérables en termes de crédibilité et de chiffre d’affaires. Cela compte d’autant plus dans un contexte de forte concurrence, où les produits conformes se mêlent aux contrefaçons venues de certains pays voisins, à la faveur de la porosité des frontières.
La conformité ne crédibilise pas seulement les produits sur le marché local, elle donne aussi accès aux marchés internationaux.
Pour s’étendre et se déployer sur l’ensemble du territoire, l’ATNOR a élaboré un programme validé par les autorités en juillet 2026. Intitulé Programme tchadien d’évaluation de la conformité (PROTEC), il permettra de mieux protéger les consommateurs, de rendre les entreprises tchadiennes plus compétitives et d’attirer les investisseurs. Il ouvrira aussi les marchés régionaux et internationaux aux produits nationaux, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), tout en appuyant le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ».
Laisser un commentaire